13/11/2007 - Mika @ Forest National

13/11/2007 - Mika @ Forest National
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tout est éphémère. tout se gagne, tout se perd. s'envole comme une plume. comme un demi gramme d'héroïne qu'on sniffe. comme un gosse avale un bonbon. comme le sang se perd quand on se coupe les veines. comme le sable qui glisse entre les orteils. comme des sentiments qui me favorisaient. comme les cheveux tombent quand on les coupe. comme les larmes coulent. comme une pièce qu'on donne à un sans abris. comme un baiser en un coup de vent. comme une balle part d'un fusil. comme un rêve se vit et s'oublie. comme une voiture passe. comme cette étoile filante. comme un ange passe par un regard. comme un gosse perd sa mère. comme une main passe dans ta culotte. comme une nuit à la belle étoile. comme l'avenir passera. comme un sourir improbable. comme une vie. un esprit. être.
<<Aline mange ses remords>> à paraître ?
Libenter.

# Posté le mercredi 21 novembre 2007 14:30

Modifié le mercredi 21 novembre 2007 14:41

Toussaint - Bretagne // Kerglouanou

YIHAAAAAAAAAA !!
Aline touuuute motivée qui va faire du cata en novembre... :-D
Pur bonheur !

# Posté le vendredi 09 novembre 2007 15:55

19/10/2007

-"J'arrive pas..." C'est ce que je lui ai laché en fixant la poignée. La tête baissée, je me suis à nouveau avancée vers les portes. J'ai pri la poignée, mais elles ne s'ouvraient toujours pas. Je lui ai lancé un bref regard.
- "Il faut pousser fort." il m'a dit en me regardant. Il s'est avancé et à son tour il a tenté d'ouvrir les portes, en vain.
-"Je vais de l'autre côté." j'ai dit.
J'ai traversé le compartiment en courant. Je regardais droit devant moi. Sans penser aux gens qui me voyaient passer une deuxième fois. Je m'en foutais royalement. J'étais là. C'est tout. J'étais comme un coup de vent. Ils ne me verront plus jamais et je ne les verrai plus jamais non plus.
J'ai ouvert la porte du compartiment et je me suis sentie soulagée en voyant les portes qui étaient ouvertes.
-"Ah, voilà !" il a dit.
J'ai descendu les marches et j'étais là, sur ce quai grouillant de gens. Comme des petits personnages. Ils rentraient chez eux. Ils allaient aller faire les courses du vendredi soir. Embrasser leurs enfants qui seraient gentiment assis devant la télévision. Le train-train quotidien.
Il marchait à ma hauteur. Il était à côté de moi pour tout dire. J'essayais de tenir une certaine distance. Aucun inconnu n'a le droit d'entrer dans MA bulle. Il faut un laisser passer. Une licence et une signature de Mademoiselle Moi. Sinon il n'est même pas question d'envisager la chose.
- "Il y a toujours quelque chose avec ces trains !" Wooohw ? C'est à moi que tu parles, coco ?
- "Oui... Ou bien ils sont en retard ou bien il y a un problème technique." j'ai répondu.
- Il va pleuvoir, on dirait. Ou bien il commence à faire noir ?
- Oui, j'sais pas...
J'ai pas trop réfléchi, mais j'suis pas passée sous la quai pour rentrer pas l'Avenue Kersbeek. Ce petit chemin vaseux ne me tentait pas. J'avais peur en fait. Toute seule, dans ce trou noir. Ce trou à rats. Alors j'ai pri de l'autre côté. Par la rue de Haeveskercke.
- Tu vas par là ? il me montrait mon chemin de doigt.
- Oui. Toi aussi ?
- Oui. On peut marcher ensemble, si tu veux bien ?
Carrément... J'ai regardé le ciel. C'est vrais, il était couvert. Il faisait sombre. C'était mieux de marcher à deux que seule. Je ne pensais pas non plus que ce jeune homme me voudrait du mal.
- Euh, oui. Sans soucis !
- Hmm.
Il regardait ses pieds. Moi, je regardais devant moi. Sans vraiment regarder. J'aurais tout fait pour que ce blanc cesse au plus vite. Pour qu'il me dise que son chien s'appelle Hugo. Que sa petite soeur veut tout faire comme sa grande soeur. Et que les vendredi midis où il est libre il va manger des brocolis chez sa grand-mère. Mais qu'en fait il aime pas les brocolis.
- T'as passé une bonne journée ? T'avais école ? il dit enfin.
- Oui. École... Rien de très spécial. J'ai eu mon bulletin et c'est pas franchement beau. Et toi, ta journée?
- École aussi. Rien de très spécial. Quelques contrôles ratés, mais à part ça.
- Ben ça va ! C'est le weekend. On va faire la fête ! lui dis-je enthousiaste.
- Ah, t'as le droit de sortir quand t'as un mauvais bulletin ?
- Non. Déjà en temps normal. Mais je disais ça pour toi.
- Ah oui.. la fête.
C'est bizarre de parler de cette façon là à quelqu'un qu'on ne connait pas. J'aurais jamais cru ça.
On s'est à peine regardés. Je ne sais pas qui il est ni comment il est. Il a juste partagé quelques minutes de ma journée. De ma vie. Peut être qu'un jour je le recroiserai. Dans un train. Sur un quai. Peu importe. Ce sont ces personnes qui nous apportent un peu de diversion, en fait. Moi aussi je suis dans un train-train quotidien. J'ai beau le dire mouvementé, hors du commun. Il est comme tous les autres. On se croit unique. On pense qu'on sort du lot. Qu'on est pas comme les autres. Et en fait, on parle à tout le monde de la même façon. On dit la même chose à tout le monde. Et tout se ressemble. Tout le monde se ressemble. Tout le monde me ressemble. Et je ressemble à tout le monde.
- Je vais par là. Il me dit en faisant un signe de la tête vers la droite.
- Moi, je vais à gauche.
- Euh.. ben bonne soirée et bonne chance pour ton bulletin.
- Oui, à bientôt peut être !
- Salut...
Et là nos chemins ont divergés. Moi au gauche. Lui à droite. Je ne connais pas son nom. Je ne connais rien de lui. Juste que son chien s'appelle Hugo, que sa petite soeur veut tout faire comme sa grande soeur, et que les vendredi midis où il est libre il va manger des brocolis chez sa grand-mère. Mais qu'en fait il aime pas les brocolis.
Libenter

# Posté le vendredi 19 octobre 2007 12:32

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 14:25

20/09 - Out of Season

20/09 - Out of Season
Jeune demoiselle qui donnerait tout ce qu'elle possède pour faire avancer le temps,
Pouvoir enfin décrocher la lune,
Les étoiles,
Et un nouveau rayon de soleil pour réchauffer son petit coeur fragile.


L'objectif reste le même, mais serait-il possible de faire reculer le temps?

Marre.

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René chassa la cendre qui tombait sur sa salopette et pensa que tout vainqueur cachait un vaincu. Une vie se résume autant par ce qu'elle a apporté que par ce qu'elle a manqué en route. Marcel avait empoché l'argent et la réussite, mais avait perdu l'amour et l'enfant. Lui, René, avait Ginette et les trois mômes, mais pas plus d'économies que de beurre en branche.
- Vas-y, accouche... Qu'est-ce qui se passe ? T'as intérêt à ce que ce soit croustillant pour justifier ta gueule depuis un mois.
Marcel hésita, leva une lourde paupière sur son copain puis se mit à table. Il raconta tout : Chaval et Josiane près de la machine à café, la réaction d'Henriette qui, depuis, exigeait le départ de Josiane et lui qui perdait le goût de vivre, de faire des affaires.
- Même pour mettre mes deux jambes dans le pantalon, le matin, j'hésite. J'ai envie de rester sur le dos à compter les fleurs des rideaux. J'ai plus envie, mon vieux. C'est biens simple : De les voir tous les deux collés l'un contre l'autre, ça m'a renvoyé mon extrait de naissance en pleine gueule ! Tant que je la tenais dans mes bras, je me racontais des histoires, je me disais que j'étais balèze, que j'allais repousser les frontières du monde, construire une nouvelle muraille de Chine, damer le pion à un milliard de petits Chinois ! C'est pas dur : je sentais mes cheveux repousser. Il a suffi d'une image, cette image là, ma Choupette dans les bras d'un autre, plus jeune, plus mince, plus vigoureux, pour que je redevienne chauve et m'engouffre dans ma carte vermeille ! D'un seul coup d'un seul ! J'ai tombé les bretelles, j'ai tout lâché...
Il balaya la surface du bureau, envoyant par terre dossiers et téléphones.
- À quoi ça sert tout ça, tu peux me le dire, toi ? Du vent, du bluff, du camouflage !
Et comme René restait silencieux, il enchaîna :
- Des années à travailler pour rien. Peu de balle ! Toi, au moins, t'as des enfants, Ginette, une maison où on t'attend le soir... Moi, j'ai mes bilans, mes clients, mes conteneurs à trois balles. Je dors sur un divan, je mange en bout de table, je pète et je rote en cachette. Je porte des pantalons trop serrés. Tu veux que je te dise ? On me met pas à la porte parce que je peux encore servir, mais sinon...
Il fit un geste d'une boulette qu'on fait gicler du bout des doigts et s'affaissa de tout son poids sur son fauteuil.
René resta un moment silencieux puis tout doucement, comme on parle à un enfant en colère, un enfant qui se raidit et ne veut pas vous écouter, il commença :
- Ce que je vois, c'est que ta Choupette, elle va pas mieux que toi. Vous êtes comme deux otaries échouées sur une banquise déserte et qui se battent froid. Son Chaval, c'est rien du tout ! Un coup de chaud sur la croupe, une envie de précipiter le printemps, un baba au rhum qui te fait de l'oeil et que tu te tapes derrière le comptoir. Ne me dis pas que ça t'es jamais arrivé ?
- Moi, c'est pareil, protesta Marcel en se redressant et en tapant de toutes ses forces sur la table.
- Parce que toi, t'es un homme ? Il est vieux, l'argument ! Il sent son petit Napoleon ! Elles ont changé les bonnes femmes, figure-toi. Elles sont comme nous, maintenant, et quand elles ont un petit Chaval bien gominé qui leur emboîte la croupe, elles se prennent un petit acompte mais ça veut rien dire du tout. C'est de la roupie de sansonnet. Elle t'a à la bonne, la Josiane ! Y a qu'à voir la gueule qu'elle déroule derrière son burlingue. Tu l'as regardée, au moins ? Non. Tu passes devant elle raide comme une saucisse avec ta fièrté en visière. T'as pas vu qu'elle avait perdu du poids, qu'elle flotte dans son jersey et qu'elle a le brushing qui tète les mites ? T'as pas vu que le rose qu'elle se peinturlure, il est tout faux, elle l'achète en pack de six au Monoprix parce que sinon elle rivalise avec le bidet ?

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# Posté le jeudi 20 septembre 2007 15:49

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 14:30

love Actually

# Posté le mardi 11 septembre 2007 14:43

Modifié le dimanche 20 janvier 2008 14:32